SV40 : Danger pour la santé humaine ?

Est-ce que le SV40 qui serait contenu dans les vaccins contre le Covid-19 provoque des cancers ? Que disent réellement les recherches à ce sujet ?

Qu’est-ce que le SV40 ?

Pour vous raconter l’histoire du SV40, je dois d’abord vous raconter celle d’une maladie… La poliomyélite.

Nous sommes dans l’entre-deux-guerres et elle fait des ravages. Cette maladie causée par un virus qui atteint la moelle épinière tue nombres d’enfants, quand d’autres finissent paralysés. Franklin D. Roosevelt, président, est lui-même touché. Il faut absolument trouver une solution. Le gouvernement américain décide de subventionner les équipes de Jonas Salk et d’Albert Sabin pour trouver un vaccin.

Après plusieurs années de recherches et une guerre, le 26 mars 1953, Jonas Salk annonce triomphalement aux médias qu’il a obtenu de premiers résultats positifs avec un vaccin à virus inactivé (pour plus de détails sur ce vaccin, voir mon article sur les types de vaccins). Il aurait fait les premiers tests sur sa propre famille. En 1954, il conduit un essai clinique plus approprié pour obtenir la validation définitive de son vaccin en 1955. Il ne déposera jamais le brevet du vaccin et n’en tirera donc aucun bénéfice jusqu’à sa mort.

Lorsqu’on lui demanda pourquoi, il répondit « Il n’y a pas de brevet. Pourrait-on breveter le soleil ? » pour illustrer sa volonté que le vaccin appartiennent à tout le monde.

Mais intervient en avril 1955 ce qui sera appelé plus tard le Cutter Incident. Les équipes de ce laboratoire ont commis une erreur à la fois grossière et extrêmement grave. Au lieu de produire des vaccins à virus inactivé, ils ont produit des vaccins à virus vivant. Cet incident provoque la réapparition de 40 000 cas environ. 200 finiront paralysés et une petite dizaine décéderont. Pour enfoncer le clou, cela touche des enfants, puisque c’est à eux qu’on administre le vaccin contre la polio. (dans la série des accidents de laboratoire réels ou supposés, c’est une belle bourde…)

Changement de politique sanitaire

Les États-Unis passèrent donc plus tard à un autre vaccin développé en 1961, celui de Sabin. La décision est évidemment ridicule, le vaccin de Salk n’était pas en cause dans la tragédie. C’était un accident entièrement dû à l’incompétence d’un laboratoire. Qui a évité les condamnations en mettant en cause… les procédures de contrôle de l’État qui auraient été mauvaises. Mais le mal est fait, le nom de Salk a été associé dans l’inconscient populaire au Cutter Incident. Il éveille trop de méfiance et les autorités préfèrent passer au vaccin de Sabin. C’était un vaccin à virus atténué à administration orale. (on voit peu ce fonctionnement dans nos pays occidentaux développés, il est plus courant dans les pays plus pauvres ou pour gérer une crise humanitaire, afin d’éviter la gestion de seringue stériles et de désinfectant dans un environnement inadapté)

Le vaccin de Sabin (que ce dernier a testé sur lui-même et n’a également jamais breveté en expliquant que c’était son « cadeau à tous les enfants du monde) semble effectivement avoir plus d’avantages que le vaccin de Salk. Comme il s’administre par voie orale, il crée une réponse immunitaire dans le sang, mais aussi dans les intestins. Il permet de transmettre la protection d’un humain à l’autre, ce qui est intéressant si l’on veut vacciner une grande population. Il réduit aussi également mieux la transmission du virus. Seulement, le vaccin peut se transmettre à des personnes immunodéprimées.

Vous comprenez le problème ?

Un vaccin à virus atténué transmis à des personnes dont le système immunitaire ne peut pas le gérer… Malheureusement, ce vaccin continuait à générer environ 6 à 8 cas de polio par an. La situation semble ubuesque… Les autorités écartent un vaccin parfaitement fonctionnel pour un prétexte irrationnel et se tournent vers un vaccin inadapté.

Résultat ? Les États-Unis finiront par repasser au vaccin Salk dans les années 1990. Mais pas avant un long plaidoyer de son créateur qui défendait son invention dans tous les médias depuis des années.

Mais quel est le lien entre les vaccins contre la polio, le SV40 et les cancers ?

Si vous suivez la sphère antivax, vous avez probablement croisé le nom de Salk, mais associé à une abréviation : « SV40 ». Il s’agit de l’abréviation de « simian virus 40 » (oui, c’est effrayant mais ne paniquez pas tout de suite).

Le SV40, comme son nom l’indique, est un virus qui circule chez les singes. Certains d’entre eux, les macaques rhésus, sont des porteurs asymptomatiques du virus, qui se loge dans leurs reins. Il ne leur créera jamais aucun problème. Rien de nouveau, de nombreuses espèces sont porteuses saines de virus. Ce sont simplement des virus qui ont la capacité d’entrer dans leur organisme mais pas de s’y développer.

Macaque rhésus, porteur sain du SV40

Or, pour la culture des virus en laboratoire (qui sont ensuite inactivés ou atténués pour créer des vaccins), on utilisait des cellules vivantes… Et pour les vaccins contre la poliomyélite, c’était des reins de ces singes.

En 1960, Bernice Eddy, chercheuse, a découvert un peu par hasard que le SV40, injecté à des rongeurs, provoquait des cancers au site d’injection. Ce virus était donc oncogène (= qui provoque des cancers) chez les rongeurs. De plus, le traitement utilisé pour tuer le virus de la polio n’était pas suffisamment efficace pour le SV40, et il subsistait dans le produit final, le vaccin. Le principe de précaution aurait voulu que l’on change le milieu de culture des virus en laboratoire dès cette découverte afin de ne pas transmettre un virus potentiellement (j’insiste bien sur ce mot, vous verrez que ce n’est pas simple) oncogène à des humains.

Sauf que…

Entre le début de ses recherches et ses conclusions, il y a eu le Cutter Incident. Et les supérieurs de cette scientifique, traumatisés par son impact médiatique, feront une erreur monumentale : ils tenteront de dissimuler l’information au public pour éviter de relancer la panique. Évidemment, ils échoueront lamentablement. Après avoir dissimulé, minimisé, puis admis, tout ça sur quelques années, (créant ainsi exactement la panique qu’ils souhaitaient éviter), les chercheurs ont fini par remplacer tous les reins contaminés des reins de singes verts, une espèce saine.

Mais les autorités sanitaires avaient déjà entamé la confiance de la population.

Que disent les recherches sur le SV40 ?

Normalement, si vous avez bien suivi (et que vous n’avez pas paniqué), il vous reste deux questions :

  • Le SV40 se transmet-il réellement à l’humain lors de la vaccination ?
  • Le SV40 est oncogène chez les rongeurs, mais pas chez le macaque rhésus. L’est-il chez l’humain ?

La réponse à la première question va être assez simple : on penche pour le « oui », mais dans les faits, on n’en sait rien.

Si le SV40 était déjà présent chez des humains avant 1955, cela démontrerait qu’il fait simplement partie des nombreux autres organismes que notre propre corps abrite et que la panique est injustifiée. L’ennui, c’est que personne ne se souciait du SV40 avant cette date. Impossible donc de savoir précisément à quelle période le SV40 est entré dans notre organisme.

Pour ajouter à la confusion générale, le SV40 ne comporte pas le nombre 40 pour rien, il existe des dizaines de virus simiens qui lui ressemblent : Risques de faux positifs (une étude effectuée avant 1955 a été revue pendant cette période de recherche et semble comporter un virus qui pourrait correspondre au SV40, on n’en est pas certains.).

En résumé, on n’a aucun moyen de savoir si le SV40 détecté dans la population vient des vaccins cultivés dans un milieu contaminé ou s’il était déjà présent avant.

Pour ce qui est du caractère oncogène du virus… On ne sait pas non plus.

Je sais, c’est frustrant. Il existe plusieurs études qui pointent la présence du SV40 dans des tumeurs cancéreuses chez les humains, à diverses proportions. Dans presque tous les types de tumeurs analysés, dans des proportions diverses selon les pays étudiés, et même selon les études elles-mêmes (Les chercheurs ont juste trouvé un début de prévalence dans les mésothéliomes, des cancers rares du poumon qui se développent souvent après l’exposition à l’amiante.).

De même, la quantité de virus mesurable est infime. Il y a également des problèmes de pureté des anticorps utilisés pour tester la réactivité de ce que l’on suppose être le SV40. On observe également sa présence dans des tissus sains… En proportion variables selon les tissus observés ou même le pays choisi.

La question est donc : provoque-t-il un nombre incroyablement divers de cancers dans n’importe quelle proportion, ou est-il dans notre corps sans rien provoquer ?

Ce qui est oncogène chez une espèce ne l’est pas forcément chez l’autre. Rien que la différence de réaction entre les rongeurs et les macaques rhésus (et même entre les différents singes eux-mêmes) face à ce même virus le démontre. Et il est également très complexe de démontrer qu’une substance est cancérigène : un cancer est très rarement dû à un unique facteur. J’en avais parlé dans mon article sur les effets secondaires des vaccins.

  • C’est pour ça que certains gros fumeurs n’auront jamais de cancer du poumon, alors que des non fumeurs en auront.
  • De même, certaines personnes pourront bronzer toute leur vie sans jamais mettre de crème solaire et n’auront jamais le moindre cancer, alors que d’autres en auront alors qu’elles ont toujours respecté toutes les précautions.
  • Et pour ajouter à votre confusion, sachez que le développement d’un cancer comporte également plusieurs stades, qui vont du nodule à la métastase. Ces stades ne seront pas forcément passés au cours de la vie du patient, ils requièrent plusieurs mutations pour aboutir au moins à une tumeur dangereuse. En d’autres termes, on peut vivre jusqu’à sa mort avec un nodule quelque part sans que celui-ci ne dégénère en tumeur. Et parfois sans même s’en rendre compte.

Pourtant, on sait que la cigarette et certains UV augmentent le risque de cancers. Ils sont classés cancérigènes.

→ Le seul moyen pour déterminer le caractère cancérigène d’une substance, c’est l’observation des tendances sur le très long terme : qui des fumeurs ou des non fumeurs, des adeptes du bronzage ou de la crème solaire développe le plus de cancers et de quels types. Tout en prenant en compte tous les facteurs annexes qui accentuent également les risques de cancers.

Le SV40 ? Certaines tumeurs de certains cancers en comportent dans certains pays, mais pas toutes.

Voici un exemple de paradoxe sur le mésothéliome, souvent cité dans les interrogations sur le SV40 :

Multi-institutional study confirms the presence and expression of Simian virus 40 in human malignant mesotheliomas. (Testa JR, Carbone M, Hirvonen A, et al. ) Cancer Res 1998; 58: 4505–9.

→ Pour cette équipe, il y a le SV40 dans une grande part des mésothéliomes humains.

A multicenter evaluation of assays for detection of SV40 DNA and results in masked mesothelioma specimens. (Strickler HD, The international SV40 working group.) Cancer Epidemiol Biomark Prev 2001; 10: 523–32.

→ Pour celle-ci, non. Pourtant, cette équipe est aussi compétente que la première.

Il faut également préciser que malgré que les premiers vaccinés contre la polio l’aient été aux États-Unis, on observe bien plus de cas de mésothéliome en Europe du Nord et en Asie de l’Est qu’ailleurs dans le monde.

Ainsi qu’une prévalence de ce cancer chez les hommes âgés (que l’on peut expliquer par l’usage de l’amiante dans les pays concernés et le fait que les hommes travaillaient souvent plus dans le domaine de la construction que les femmes, où ils étaient mis en contact avec de l’amiante). Et surtout, qu’il y a très peu de cas de mésothéliome dans le monde en général. Environ 30 000 en 2022, en majorité chez des personnes âgées (potentiellement exposées à l’amiante et au SV40 dans les vaccins) alors qu’en 2020 on comptabilisait 700 000 000 personnes de plus de 65 ans dans le monde (chiffre en constante augmentation grâce à l’amélioration de l’espérance de vie mondiale)…

Bref, c’est pas demain la veille qu’on mourra tous dans d’atroces souffrances de multiples cancers causés par Big Pharma.

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