À la suite d’une loi passée par le président ukrainien Zelensky en 2025, l’Ukraine a été secouée par de grandes manifestations contre la corruption pendant un peu plus d’une semaine. Nos militants pro-Poutine occidentaux n’ont pas manqué de se mettre en valeur : ce serait selon eux le signe que Zelensky lui-même serait corrompu, et qu’il serait inutile, voire contre productif, d’aider l’Ukraine. Mais qu’en est-il réellement ?
Les accusations de corruption ukrainienne
À la fin du mois de juillet 2025, le président ukrainien décide de faire passer une loi réduisant l’indépendance des deux organes de lutte contre la corruption en Ukraine. Il voulait les placer sous les ordres du gouvernement pour « éviter les ingérences russes »… Sauf que ces organisations enquêtent souvent sur des représentants de l’État. Évidemment, les ukrainiens ont manifesté leur désaccord avec cette idée.
Du 22 au 31 juillet 2025, des manifestations eurent lieu dans plusieurs villes ukrainiennes. En réaction, Zelensky déposa le 23 juillet une proposition de loi pour revenir en arrière sur la loi précédente (qu’il avait lui-même soutenu). Le parlement ukrainien l’adopta le 31 juillet et les manifestations prirent fin.
Cela provoqua évidemment une vague de critiques en Europe de l’ouest, qui sembla oublier l’histoire du peuple ukrainien. Euromaïdan en 2014 contenait justement des revendications anti-corruption (et avait mené à la découverte du somptueux palais du président Ianoukovitch qu’il s’était offert en puisant dans l’argent public). Le peuple ukrainien ne se laisse plus faire par des oligarques depuis longtemps. Il a réellement la volonté de lutter contre la corruption dans le pays. Et il faut également rappeler une chose… La corruption et l’oligarchie concernent l’entièreté des pays d’Europe de l’est, jusqu’à la Russie. L’Ukraine est l’un des seuls pays dont le peuple manifeste son mécontentement à ce sujet.
Et la corruption russe, alors ?
En Russie, à la chute de l’URSS et à la privatisation des nombreuses entreprises de l’État, certaines personnes étaient en position idéale pour récupérer le butin : les anciens agents du KGB. Ces derniers s’étaient construits un réseau, une réputation, et comptaient bien s’en servir. Parmi eux, on cite Nikolaï Patrouchev, proche conseiller de Poutine ou encore Nikolaï Leonov, député.
On notera également la présence d’Alexeï Miller, à la tête du quasi monopole Gazprom depuis 2001. Contrairement à ce que son nom indique, Gazprom n’est pas uniquement une entreprise dédiée au pétrole et au gaz. Elle détient également des entreprises dans les domaines de la finance, des médias et de la communication. À elle seule, elle verrouille l’essentiel de la parole publique russe. Et qui la détient ? Un ami de Poutine…
Sans compter les multiples oligarques dont certains ont été sanctionnés suite à la guerre en Ukraine :

Une success story hongroise qui ferait des envieux
De plombier à milliardaire, une histoire qui ferait rêver chacun d’entre nous, n’est-ce pas ? Ça a été le destin de Lőrinc Mészáros, l’un des amis de Viktor Orban, l’ancien président hongrois. Il a fait fortune dans le secteur de la construction, de l’hôtellerie et dans d’autres secteurs divers. Sa fortune s’élèverait à plus d’un milliard d’euros.
En réalité, il bénéficiait de marchés publics sans passer par des appels d’offres et captait une grande partie des subventions de l’Union Européenne pour la Hongrie. C’était d’ailleurs l’une des raisons des sanctions européennes contre le pays.
Sachant cela, quand on voit l’un des derniers actes retentissants de la présidence Orban qui a consisté à arrêter un camion transportant de l’argent vers l’Ukraine pour proclamer que son voisin était corrompu, on ne peut s’empêcher de souffler du nez…
