On lit de plus en plus de témoignages de personnes qui doutent de l'efficacité du vaccin contre le SARS-CoV-2. Les autorités sanitaires ont-elles menti ?
Comment fonctionnent un vaccin ?
Commençons par rappeler des bases historiques. Contrairement à la croyance populaire, Pasteur n’a pas « inventé » le vaccin ou la vaccination. Il a donné un sens à une pratique qui fonctionnait sans que l’on sache pourquoi. Elle se décrit en quelques phrases :
La variole faisait des ravages. Les personnes qui s’occupaient des vaches semblaient immunisées. Le lien a été fait avec la vaccine, un virus bénin venant des vaches. Les personnes qui contractaient la vaccine étaient immunisées contre la variole. Les docteurs récoltaient du matériel infectieux sur des vaches malades pour l’injecter à des humains et prévenir la variole.
Cette « vaccination » était répandue (quoique parfois pas dans les meilleures conditions d’hygiène) à la fin du XVIIIe siècle. Edward Jenner l’étudiait, mais ce sont les expériences du français Louis Pasteur et de l’allemand Robert Koch qui l’ont expliquée.
Explication simplifiée du fonctionnement de l’immunité adaptative (stimulée par les vaccins) :

Schéma 1 : Un agent pathogène entre dans l’organisme. Le système immunitaire le reconnaît. Ensuite, il va « signaler » le pathogène dans les ganglions lymphatiques. (c’est pour ça qu’après une maladie ou un vaccin, les ganglions proches du lieu d’infection/d’injection pour le vaccin peuvent gonfler.) Les ganglions lymphatiques déterminent le type de réponse à apporter au pathogène (qui dépend encore de sa nature). Enfin, ils déterminent le type de cellules et d’anticorps à produire pour le contrer.

Schéma 2 : Les différents modes d’élimination de l’agent pathogène
Quelques idées reçues sur le calendrier vaccinal à oublier :
→ Un bébé ne naît pas « sans » système immunitaire. Si cela arrive, il meurt en quelques jours ou vit enfermé dans une bulle. Il naît avec un système immunitaire immature qui n’a jamais rencontré de pathogène. La mère lui transmet une partie de ses anticorps qui servent de protection à la naissance. Ceux-ci chutent rapidement et ont disparu au bout de 6 mois. C’est pourquoi vacciner avant cette échéance permet d’éviter que l’enfant ne se retrouve sans défenses immunitaires.
→ Préférer se contenter des antibiotiques est une erreur : les bactéries deviennent de plus en plus résistantes. Cela rend le traitement d’une infection bactérienne de plus en plus complexe et longue au fur et à mesure que les années passent.
→ En dépit du fait que l’immunité acquise soit parfois plus efficace après une infection qu’après une vaccination, cette dernière reste importante.
Autres critères pris en compte pour une vaccination
Complications
- La maladie génère une baisse des défenses immunitaires qui peut provoquer par la suite des surinfections bactériennes graves ou mortelles. Exemple : La rougeole
- Complications graves. Exemples : Les oreillons (gonflement des glandes salivaires, bénin dans la plupart des cas. Cependant, 5 % de cas contractent une méningite virale ; si le patient est un homme adulte, la maladie peut provoquer des problèmes de fertilité ; le virus peut atteindre d’autres organes), la rubéole (bénigne mais provoque de graves malformations du fœtus si elle est contractée par une femme enceinte), les infections à Hib (méningites, 10 % d’enfants infectés terminent sourds) ou l’hépatite B (seulement 1% des cas sont réellement dangereux, mais 90 % des bébés et 5-10 % des adultes infectés développent une forme chronique de la maladie. Malgré son statut d’IST, il est nécessaire de vacciner le plus tôt possible pour mieux protéger l’enfant (cette infection ne se transmet pas que par les fluides sexuels). De plus, vacciner un bébé permet d’intégrer l’hépatite B dans un vaccin combiné et ne faire qu’une injection pour plusieurs maladies. Cependant, vacciner un adolescent nécessite au moins deux injections rien que pour l’hépatite B.
Symptômes
- Symptômes douloureux et graves. Exemples : La diphtérie (multiplication de la bactérie dans la gorge et mort par asphyxie dans 5-10 % des cas voire plus, trachéotomie nécessaire) ou la coqueluche (toux chronique très violente. Elle peut générer des vomissements, des traumatismes thoraciques à cause de la pression des quintes de toux (qui peuvent également réveiller l’enfant la nuit) et des surinfections bactériennes). La maladie dure plus de deux mois et est particulièrement dangereuse pour les nourrissons pas encore vaccinés. Des adultes non ou mal vaccinés malades sont souvent vecteurs de la contamination pour ces cas.)
- Certains symptômes sont tellement graves et se développent tellement rapidement qu’il est quasiment impossible de s’en sortir sans séquelle. Effectivement, parfois le système immunitaire met trop de temps à combattre l’agent pathogène et les organes lâchent avant la guérison. Exemples : La poliomyélite (paralysie des muscles respiratoires suivie de mort chez 5 à 10 % des patients infectés, très contagieuse, 1/200 cas créent des paralysies irréversibles), le tétanos (20 % de décès dans les pays développés, taux proche de 100 % pour le tétanos néo-natal. De plus, une seule infection n’immunise pas, on peut se faire ré-infecter), les pneumonies à pneumocoques (8 à 15 % de mortalité avec hospitalisation et séquelles graves) ou les méningites à méningocoques (10 % de mortalité, 20 % des cas gardent des séquelles à vie)
Traitements
- Traitements sont lourds et/ou rechutes. Exemple : La tuberculose est provoquée par une bactérie très résistante. Celle-ci nécessite une combinaison d’antibiotiques sur au moins 6 mois. Malgré cela, elle peut même rester en sommeil dans le corps du patient et resurgir plus tard.
Existe-t-il un vaccin qui modifie notre ADN ?
Tout d’abord, voici les différents types de vaccins :
Vaccin de première génération : Issu d’agents infectieux
Vivants atténués
- Agent pathogène atténué par une longue culture en laboratoire ;
- Vaccin contre la tuberculose, ROR ou encore zona ;
- Suscite une bonne réponse immunitaire, ne nécessite pas d’adjuvant.
Vivants inactivés
- Agent pathogène inactivé grâce à la chaleur ;
- Vaccin contre la coqueluche ;
- Suscite une réponse immunitaire moyenne, nécessite adjuvants et rappels pour l’augmenter.
Vaccin de deuxième génération : Sans agent infectieux
Conjugué
- Utilisation d’un antigène lié à une protéine pour une meilleure réponse immunitaire
- Vaccin contre les infections à Hib
Anatoxine
- Utilisation de la molécule produite par l’agent infectieux, qui a été inactivée en laboratoire
- Vaccins contre le tétanos ou la diphtérie
Sous-unité protéique
- Utilisation d’une ou plusieurs protéines (un morceau) de l’agent infectieux
- Vaccins contre l’hépatite B, le HPV ou la grippe saisonnière.
Hétérologue
- Utilisation d’un agent infectieux similaire à celui que l’on veut combattre
- La vaccine…
Certains vaccins combinent plusieurs types d’antigènes pour contrer plusieurs maladies : ROR, DTP…
Vaccin de troisième génération : à acide nucléique
Vaccin à ADN :
- Utilisation d’un morceau d’ADN de l’agent infectieux transporté directement dans le noyau de la cellule grâce à un vecteur (= véhicule) spécial. En ce moment, les chercheurs étudient la piste d’un rétrovirus inactivé qui servirait de véhicule pour la molécule d’ADN de l’agent infectieux visé par le vaccin. En d’autres termes, il détient la « clé » pour la « porte » du noyau et les marqueurs et enzymes nécessaires pour intégrer l’ADN viral dans notre ADN)
- Meilleure réponse immunitaire
- Changement permanent de l’ADN de l’individu qui le reçoit (l’idée n’est pas folle, notre organisme a assimilé de nombreux virus durant son évolution. Par exemple, on sait aujourd’hui que la présence d’une protéine synthétisée par une séquence d’ADN viral chez la femme enceinte donne la capacité de générer un placenta. Cette capacité proviendrait de l’infection par un rétrovirus d’un de nos ancêtres.
- Le plus gros risque réside dans la modification de l’ADN elle-même, de potentiels effets secondaires (mutations imprévues par ex.) seraient possibles, donc ces vaccins sont encore au stade d’essais (Il ne s’agit pas des vaccins utilisés lors de la pandémie).
Vaccins à ARN messager :
- Utilisation d’un morceau d’ARN messager de l’agent infectieux incorporé dans un vecteur pour entrer dans la cellule.
- Meilleure réponse immunitaire
- Aucun risque que l’ARN messager s’incorpore dans l’ADN de l’hôte :
→ Le vecteur n’est pas le bon. Celui des vaccins à ARN messager peut passer la barrière de la cellule, mais pas celle du noyau.
→ Le passage normal de l’ARN messager se fait dans le sens inverse : il est produit dans le noyau, puis sort dans le cytoplasme où il est transformé en protéines. Si de l’ARN entrait dans le noyau d’une cellule, il aurait besoin d’enzymes (qui ne sont pas présentes dans le noyau) pour se transformer en ADN, ainsi que d’autres marqueurs pour fusionner avec l’ADN déjà existant. La croyance selon laquelle les vaccins à ARN messager pourraient modifier notre ADN va à l’encontre du fonctionnement de celui-ci : cf schémas.
Si changer notre ADN était faisable avec un bout d’ARN messager dans un lipide, on aurait probablement assimilé tous les virus croisés durant notre évolution. Force est de constater que ce n’est pas le cas. Un ADN n’est modifié que dans des conditions bien précises qui ne sont pas réunies dans les vaccins à ARN messager.
Schéma 1 : La mitose (reproduction de notre ADN pour créer de nouvelles cellules)

Schéma 2 : La production d’ARN messager se fait dans le cytoplasme, pas dans le noyau. Le vaccin n’intervient donc qu’en bas sur ce schéma.

Pour des explications plus détaillées sur les origines du SARS-CoV-2, voir cet article.
Quel parcours la recherche a-t-elle effectué pour déterminer que le vaccin à ARN messager était la meilleure solution contre le SARS-CoV-2 ?
Le but d’un vaccin est de susciter la meilleure réponse possible du système immunitaire. Celle-ci dépend souvent de la technique utilisée et de la maladie visée. Plusieurs entreprises ont fait des recherches :
- BioNTech-Pfizer/Moderna/CureVac : ARN messager (vecteur : lipides), sans adjuvants. Il prend le même chemin que l’ARN messager produit normalement par le corps et permet à la cellule de produire des protéines du virus. Cela stimule le système immunitaire.
- Astrazeneca/J&J/Spoutnik : Vecteur viral (vecteur : adénovirus inactivé). Le vaccin « infecte » une cellule avec un adénovirus modifié avec des gènes de la protéine Spike. Le virus entre et libère ses gènes. La cellule produit alors des molécules virales (comme si elle était infectée) qui stimulent le système immunitaire. Chaque entreprise a utilisé un/des virus différent(s).
- Valneva : Agent infectieux inactivé. (particules de la protéine Spike + adjuvant) Il avait été autorisé dans l’UE mais la France n’était pas intéressée. Il présentait moins d’effets secondaires mais était aussi moins efficace. Pour les vaccins à virus inactivé, les chercheurs doivent ajouter adjuvants et des rappels pour booster la réponse du système immunitaire.
- Novavax : Protéine recombinante (protéine Spike + adjuvant). La protéine Spike est produite en laboratoire grâce à la technique de l’ADN recombinant et à des cellules d’insectes (mites). On y associe des adjuvants pour booster l’efficacité du vaccin. Ensuite, elle est injectée au patient pour stimuler le système immunitaire. Grâce à ce type de vaccin, on peut aussi vacciner les personnes immunodéprimées en réduisant la possibilité d’effets secondaires. Néanmoins, pour réduire les effets secondaires, on doit réduire l’efficacité du vaccin à stimuler la réponse du système immunitaire. Il nécessite donc des rappels et des adjuvants (comme le précédent).
Pour plus de détails concernant l’efficacité des vaccins utilisés pendant la pandémie de Covid-19, je vous conseille cet article scientifique et cet article de l’Université Lyon I.
Conclusion
→ La protéine Spike est utilisée dans TOUS les vaccins contre le SARS-CoV-2, la différence réside dans la manière dont elle est apportée au système immunitaire.
→ Tous les vaccins existants provoquent des effets secondaires types « état grippal », ainsi que parfois des effets plus problématiques. Par exemple, pour les vaccins contre le SARS-CoV-2, on a recensé un petit nombre de cas de thromboses (Astrazeneca/J&J) ou de myocardites/péricardites (Vaccins à ARN messager et Novavax). Les myocardites et péricardites sont soignables si repérées à temps, le temps de guérison est simplement long. Elles peuvent d’ailleurs aussi être causées par le virus lui-même.
→ De manière plus générale, moins un vaccin est à risque d’effets secondaires, moins il est efficace et plus il nécessite des rappels et l’ajout d’adjuvants pour fournir une protection intéressante.
Précision
Concluons en passant sur les accusations de corruption dont on entend régulièrement parler. Je serai bref : bienvenue dans le monde des politiques. Ils/elles ont tous(tes) pioché dans le pot de confiture à un moment de leur carrière. Envoyer quelques SMS ou passer un ou deux appels téléphoniques pour décrocher un gros contrat est une habitude vieille comme le monde, tout comme les pots de vin. Après tout, en France, les pots de vin étaient déductibles des impôts des entreprises jusqu’en 2000… Et je ne parle même pas des nombreux maires qui piochent allègrement dans les caisses de leur ville (phénomène qui touche même les endroits les moins peuplés) ou du système d’attribution des logements sociaux gangrené par la corruption depuis des années.
Ça ne change rien à la science. Le souci, c’est que cela anéantit la confiance qu’accordent les citoyens aux autorités (voir mon article sur la méfiance envers les autorités). Les scientifiques étant rapidement assimilés à ces dernières, cela détruit par association la confiance en leur parole. Sans compter les marchands de peur affectionnés par les médias.
Sources :