Mensonge des autorités : Effets secondaires ou placebo ?

Depuis la pandémie de SARS-CoV-2 et la création des vaccins associés, on voit de plus en plus de témoignages se plaignant d'effets secondaires émerger. Cela va d'un étourdissement qui semble mystérieux au patient à un cancer foudroyant supposément provoqué par un vaccin, mais qu'en est-il réellement ?

Mensonge des autorités sur les effets secondaires des vaccins ?

Avant de parler de mensonge, je dois expliquer un certain nombre de concepts qui guident la recherche en matière de vaccins.

Balance bénéfices/risques

  • Un médicament, une pratique médicale ou un vaccin passe toujours par un filtre. Apporte-t-il/elle plus de bénéfices qu’il/elle n’implique de risques ? Des chercheurs effectuent cette analyse à partir des données récoltées pendant leurs études, pour déterminer ce qu’apporte le produit/la pratique testée. Si les résultats remplissent les exigences statistiques (efficacité réellement mesurable, sur une grande quantité de personnes, risque inférieur à ce qu’apporte le traitement), les autorités émettent une autorisation de mise sur le marché.
  • Mais comment être certain d’avoir bien tout observé ? Comment savoir si on ne va pas découvrir un effet secondaire grave longtemps après la mise sur le marché ? La réponse est simple : on va toucher au fonctionnement du corps, il y a donc des risques d’effets indésirables. De plus, statistiquement, la majorité des effets indésirables se déclare dans les heures, maximum les semaines qui suivent l’administration. (Voir cet article pour plus de détails)

Peur de l’inconnu

  • Si on la laissait nous guider, on n’avancerait jamais ou on attendrait à chaque fois la mort des cobayes. Et après, que dire des effets dudit produit sur la descendance… Bref, si on n’avançait qu’en ne connaissant tous les effets jusqu’au moindre détail, on n’aurait jamais fait un pas. Il faut bien prendre une décision un jour.

Errance médicale ou mensonge généralisé ?

Mais alors, que faire des gens qui n’entrent dans aucune case ? Ceux qui ne correspondent pas aux cas classiques, qui souffrent réellement, et sont persuadés que cela est du aux vaccins ? Leur situation ne peut-elle réellement s’expliquer qu’en parlant de mensonge des autorités ?

  • Beaucoup de témoignages font état de fatigue, d’une douleur au point d’injection et d’un état grippal après la vaccination. Il s’agit en fait d’effets secondaires très communs, c’est un signe que le système immunitaire réagit correctement. Et les personnes qui s’en plaignent sont souvent les personnes qui s’inquiétaient avant de se faire vacciner. Or, (le cerveau est extraordinaire) ces conditions peuvent induire un effet nocebo (le contraire de l’effet placebo, le cerveau se persuade que la substance injectée est toxique et reproduit ou accentue des effets secondaires déjà connus de l’individu). Cette page mentionne un cas datant de 2009. Des riverains se plaignaient d’effets indésirables liés à des antennes relais dans leur voisinage… Alors qu’elles n’étaient même pas encore activées. Ils stressaient simplement à cause des rumeurs sur les antennes relais.
  • D’autres parlent de leur santé mentale qui s’est dégradée. Le problème, c’est que la santé mentale évolue selon de multiples facteurs. Une pandémie est un évènement stressant, il est normal qu’une personne se sente mal dans ces conditions et pendant une longue période. Sans compter les nombreuses personnes qui allaient déjà mal avant mais ne s’en rendaient pas compte. Elles se sont retrouvées seules face à elles-mêmes, isolées, ce qui n’aide pas à se sentir mieux.

Allergie ou maladie auto-immune

  • Ce sont des cas plus complexes nécessitant une prise en charge médicale correcte qui n’est malheureusement pas toujours accessible. On entre ici dans le domaine de l’errance médicale. Une personne a des symptômes rares ou dont l’association n’évoquent rien au corps médical. Malheureusement, elle finit régulièrement par se tourner vers une solution facile. Accuser les autorités de mensonge sur un ou plusieurs vaccins déjà critiqué(s). Seulement, aucun lien n’a jamais été prouvé entre le développement d’une maladie auto-immune ou d’une allergie et un vaccin.
  • Exemple : la sclérose en plaques. C’est une maladie auto-immune au développement imprévisible qui apparaît chez les jeunes adultes et qui touche en majorité les femmes. Elle vient de l’interaction entre une prédisposition génétique et des facteurs environnementaux, mais la recherche n’est aujourd’hui qu’à ses débuts. Cette maladie empêche évidemment de vivre normalement et apparaît entre 20 et 40 ans. Cela génère évidemment un sentiment d’injustice et une grande incompréhension chez les malades. Ajoutez l’errance médicale, la faible connaissances de la maladie (liée au sexisme du corps médical…) et vous obtenez un mensonge. Cette maladie illustre bien l’essentiel des maladies auto-immunes : imprévisibles, invalidantes et mal connues du corps médical. Les patients vont donc chercher des réponses ailleurs alors que les vaccins ne sont pas concernés.

Cancer foudroyant

C’est le cas le plus difficile mais dont la solution est la plus simple. Les cancers, peu importe leur localisation, sont multifactoriels. Cigarette, alcool, UV : Il existe de multiples substances cancérigènes. Malheureusement pour tous les convaincus persuadés d’être sains, de faire les choses correctement et d’avoir une vie idéale pour que leurs corps reste en bonne santé… Il y a bien plus de chance que leur cancer soit du à une habitude, un mode de vie, une ou plusieurs substances cancérigènes avec lesquelles ils avez été longtemps en contact…

Très souvent, ce qui est labellisé par les proches comme un « cancer foudroyant » se développait. Seulement, le patient était passé sous les radars du dépistage. Ils ont donc l’impression que leur proche a développé le cancer en seulement quelques jours, alors que ni eux ni le patient ne l’avait simplement vu venir. Les vrais cancers foudroyants sont très rares et encore mal compris par la recherche médicale.

Accusations de mensonges et troubles menstruels : la fertilité est-elle réellement en danger ?

Les effets secondaires étudiés à ce jour résident plutôt dans certains troubles menstruels (saignements en dehors du cycle habituel ou menstruations abondantes) sans gravité qui peuvent toucher des femmes jusque 3 mois après l’administration de la première dose de vaccin à ARN messager (Pfizer ou Moderna). J’écris bien, « sans gravité ». Ils n’ont pas d’incidence connue sur la fertilité et on parle de seulement quelques centaines de cas d’hospitalisation déclarés sur tout le pays… On est loin d’une hécatombe.

Évidemment, dans ces cas, une poignée de femmes a pu avoir des complications plus graves. Seulement, je vais écrire quelque chose de difficile à lire encore une fois, mais on parle de calculer les risques et les bénéfices pour toute une population. Ces quelques femmes lésées doivent évidemment être suivies, et même indemnisées si elles le souhaitent, mais on ne peut pas se permettre de paniquer pour à peine quelques millionièmes de pourcents de la population féminine, en sachant qu’elles s’en sont quasiment toutes remises aujourd’hui…

Il s’agirait de cesser d’écouter les marchands de peur qui vous vendent une baisse spectaculaire des naissances suite aux années de pandémie (elle était en marche depuis plus longtemps, cf la courbe de l’INSEE ci-dessous) en accusant les autorités de mensonge et d’avoir « anéanti » la fertilité de la population. Ce sont également des ignorants du fonctionnement du système reproducteur féminin : la fertilité ne se mesure pas à la quantité de saignements, mais à l’ovulation.

Courbe du nombre de naissances en France de 1980 à 2025 (INSEE)

De plus, des femmes ménopausées (donc qui ne sont plus fertiles) sont aussi victimes de ces quelques effets secondaires surprenants. Quoique ça puisse être, il semble bien que cela ne touche pas la fertilité, même si on ne le saura que quand le corps médical sera un peu moins ignorant du fonctionnement su système reproducteur féminin, et c’est pas demain la veille…

Conclusion : Mensonge ?

Une incompréhension de la population du fonctionnement de la science doublée d’une communication paniquée des gouvernements pendant la pandémie a permis à des marchands de peur d’émerger et d’embrigader les personnes les plus perdues dans des raisonnements simplistes qui ne correspondent pas à la réalité.

Pour aller plus loin, voir ces articles : 1, 2, 3, 4.

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