Mes enfants seront-il autistes à cause des vaccins ?

Mes enfants vont-il devenir autistes à cause des vaccins ? Je suis en désaccord avec les médecins sur le calendrier vaccinal obligatoire...

L’ennemi des autistes : Andrew Wakefield

Andrew Wakefield

La rumeur selon laquelle le vaccin du ROR causerait l’autisme a connu une forte publicité en 1998. Cette année-là, le médecin britannique Andrew Wakefield a publié une étude révolutionnaire. Elle prétendait démontrer l’existence d’un lien de cause à effet entre une « entérocolite autistique » et le vaccin du ROR. Pour lui, une inflammation de l’intestin (entérocolite) des enfants autistes permettait à des toxines de passer dans le sang. Cela provoquerait l’autisme.

Pas très clair ? Pas étonnant : cette étude ne portait que sur 12 enfants autistes. D’après la justice, il leur a fait passer de nombreux examens médicaux superflus. Les médias et les collègues de Wakefield ont découvert plus tard qu’il avait « oublié » de déclarer un conflit d’intérêt.

Son étude était en partie financée par un cabinet d’avocats britanniques spécialisés en dommages corporels (et recherche d’indemnisation associée). Celui-ci représentait des parents qui poursuivaient le laboratoire qui produisait le ROR sur le territoire. Il a donc probablement été ravi de ce genre de publicité contre son adversaire.

Wakefield prévoyait également à l’époque de commercialiser un test de détection de sa maladie. Il l’avait appelée « l’entérocolite autistique », ce qui lui aurait apporté un certain revenu.

En résumé, c’est une histoire floue… Cet homme semble impliqué dans des histoires louches. Sa thèse est également réfutée par ses collègues (étude de 2014 effectuée sur un million d’enfants, et non pas douze…).

Le thiomersal : La toxine de l’autisme

C’était un conservateur dans certains vaccins avant les années 2000.
Je passe sur les études qui concluraient à un lien entre thiomersal et différents troubles… et puis non ; les données « perdues » par certains chercheurs qui semblent manquer de sérieux, etc. Aujourd’hui, il n’existe aucune preuve de la dangerosité du thiomersal dans les vaccins administrés aux enfants.

Par précaution, la France et les États-Unis ont fait pression sur les laboratoires dans les années 2000. Ils leur ont expressément demandé d’utiliser d’autres types de conservateurs dans leurs vaccins. En France, en 2025, les vaccins destinés aux enfants ne contiennent plus de thiomersal. La majorité des vaccins pour adultes n’en contiennent pas non plus. Seuls certains vaccins contre des maladies rares peuvent en contenir. Les autorités ont réintroduit la substance en quantité infime dans les vaccins anti-grippaux de la pandémie de 2009.

Les crises fébrile : La poussée de fièvre

Une « crise fébrile » ou « convulsions fébriles » est une crise qui arrive parfois chez les nourrissons. On part d’une idée simple : les convulsions provoquent forcément des dégâts neurologiques, et donc des troubles du spectre autistique. Or, c’est contre-intuitif… mais il s’agit d’une idée fausse.

Dans l’inconscient populaire, on associe souvent les convulsions avec l’épilepsie, et donc des problèmes cérébraux. Lorsque l’on a compris que l’autisme était un trouble neurologique, les gens ont fait des liens simplistes avec des convulsions.

Une crise fébrile est impressionnante, mais inoffensive : l’enfant a des spasmes mais la crise s’arrête en une dizaine de minutes. Il revient à lui un peu sonné, mais il ne garde, dans la majorité des cas, aucune séquelle.

Une crise « fébrile » est par définition causée par la fièvre, plus précisément par un accès de fièvre rapide et incontrôlé. La théorie des personnes mettant en cause les vaccins est assez simple. Un vaccin crée une réaction du système immunitaire (donc de la fièvre) ; en injecter plusieurs à la suite causerait un accès de fièvre trop violent pour l’enfant ; cela provoquerait des convulsions et donc des dégâts neuronaux irréversibles.

Or, de nos jours, on fait vacciner la majorité des enfants. Si l’administration de plusieurs vaccins à la suite créait réellement des crises fébriles, ce serait un phénomène répandu. Sauf que la majorité des parents connaissent mal les mécanismes de la fièvre. Ils se précipiteraient aux urgences avec leurs enfants dès les premières convulsions. Certes, nos urgences sont surchargées, mais pas par des enfants entrain de convulser.

Voici les recommandations à suivre en cas de crise fébrile chez l’enfant.

Ce qu’il faut retenir :

– Les vaccins ne provoquent pas nécessairement un accès de fièvre (tout dépend de l’individu, chaque personne ne réagit pas de la même manière). Un accès de fièvre suffisamment rapide pour déclencher une crise peut venir d’une infection et non d’un ou plusieurs vaccins. Refuser religieusement de vacciner un enfant ne le prémunira pas contre ça.

– On peut éviter une crise fébrile en restant attentif à l’évolution de la fièvre d’un enfant. Il faut le rafraîchir régulièrement et éviter les multiples couches de vêtements. La crise fébrile est provoquée par une poussée RAPIDE de la fièvre. Elle est évitable en appliquant les recommandations sanitaires pour gérer la fièvre chez un enfant.

– Une simple crise d’une dizaine de minutes n’est pas suffisante pour causer des dégâts irréversibles au cerveau d’un enfant. Il est évidemment nécessaire de voir un pédiatre pour savoir d’où cela vient. Cependant, vous n’avez pas à vous morfondre, votre enfant est probablement malade mais ce n’est certainement rien d’irréversible.

« Children’s Health Defence » : L’ONG de « défense » des droits des enfants (mais pas des enfants autistes)

Quelques points-clés pour présenter la philosophie de cet organisme :

  • Une obsession pour le taux d’autisme dans le monde
  • Si un enfant est autiste, c’est une catastrophe absolue. Il ne pourra jamais rien faire de sa vie. Il sera malheureux et c’est à ses parents de partir en croisade contre des chimères comme s’il avait un cancer et allait mourir.
  • Aucune considération pour les enfants (pardon, ce point ne concerne que les enfants autistes, au vu du peu de fois où ils leur accordent de l’attention sur leur site.

Voici comment cette organisation décrit les symptômes de la rougeole :

« La rougeole est une maladie infectieuse virale de l’enfance qui se guérit toute seule. Les symptômes de la rougeole sont : une phase initiale de toux avec écoulement nasal, irritation des yeux et fièvre, puis des éruptions cutanées sur tout le corps des jours 4 à 10 de la maladie.

La rougeole est contagieuse pendant la première phase et pendant 3 à 4 jours après le début des éruptions cutanées. La plupart des cas de rougeole sont bénins. Avant le programme de vaccination généralisé contre la rougeole, la plupart des personnes qui contractaient la maladie avaient une immunité à vie dès leurs 15 ans. Rarement, la rougeole peut causer des dégâts cérébraux et la mort. » (Source en anglais)

Sauf que…

  • Ce n’est pas simplement de la fièvre, mais jusque 39-40°C. Le malade est souvent un enfant. Ce n’est pas quelque chose qu’il faut laisser passer comme si ce n’était rien.
  • La toux persiste souvent jusqu’à la fin de la maladie.
  • Manque d’informations sur la contagion : Elle se fait par voie aérienne, ce qui en fait un virus très contagieux (une personne malade contamine en moyenne 18 à 20 personnes). Un enfant malade peut contaminer à lui seul toute une classe. Cela englobe les enfants potentiellement immunodéprimés et qui ne peuvent donc pas se faire vacciner et risquent plus que les autres de développer des complications. De plus, la contamination s’étend sur une période de 5 jours avant l’apparition des premières éruptions cutanées et jusqu’à 5 jours après, donc 10 jours et non 8 comme le prétend CHD.

Le gros oubli

La rougeole ne donne pas lieu à des complications « rarement » mais dans 30 % des cas. Elles viennent d’une baisse des défenses immunitaires de la personne contaminée. Cela permet à diverses bactéries de s’installer dans l’organisme. Ce sont des complications imprévisibles : les personnes à risque sont moins chanceuses que les autres, mais des personnes parfaitement saines peuvent en développer également.

La liste est longue, et la gravité est variable :
– Otite aiguë, laryngite ou diarrhée.
– Pneumopathie virale qui peut dégénérer en pneumonie (environ 6 % des cas dans des pays développés).
– Kératoconjonctivite qui peut causer une perte de la vue.
– Encéphalite (inflammation au niveau du cerveau) aiguë dans 0,1 % des cas, une complication à fort risque de séquelle, voire de décès.
– Maladie dégénérative mortelle du système nerveux central dans 1/100 000 cas si la rougeole survient après 5 ans et 18/100 000 cas lorsqu’elle survient avant 1 an.
Voici mes sources : le CHU de Lyon et l’Assurance Maladie.

Sur le nombre de morts de la rougeole avant la mise en place du programme vaccinal dans tous les pays développés :

L’ONG ne tient pas compte la véritable raison pour laquelle les scientifiques ont choisi de développer un vaccin : les complications. Si la rougeole n’était que 10 jours plaques rouges avec un gros rhume, personne ne s’en serait soucié.

Si les décès liés à la rougeole diminuent avant le développement du vaccin ROR, c’est grâce aux antibiotiques, développés avant les vaccins, qui permettaient de soigner les complications. Le vaccin sert aujourd’hui à ne pas finir à l’hôpital et souffrir le martyr avec des séquelles à vie ou un décès à la clé.

Avant le vaccin ROR, lorsqu’une épidémie de rougeole survenait, le virus était tellement contagieux que tous les enfants non immunisés le contractait (plusieurs millions dans le monde) et une augmentation des malades multiplie évidemment les cas de complications.

Sur les affirmations (éhontées) selon lesquelles tous les décès attribués à la rougeole aux États-Unis seraient dus à des erreurs médicales :

On admet donc qu’un enfant puisse attraper la rougeole, puis que celle-ci dégénère et se complique en pneumonie à tel point qu’il finisse à l’hôpital. Il aura des séquelles et finira traumatisé. Les parents refusent d’envisager de ne pas faire courir ce risque à l’enfant en le vaccinant… parce qu’ils pensent qu’il pourrait développer un trouble du spectre autistique.

Au-delà de l’ignorance qui joue un grand rôle dans cette histoire, je trouve fascinant que l’on en arrive au point où l’autisme est devenu une véritable obsession. De plus en plus de parents sont prêts à faire prendre tous les risques à leur enfants. Ils se moquent de les mener à des séquelles graves ou à la mort et sont persuadés qu’il vaut mieux avoir un enfant mort qu’un enfant autiste.

Je place ici un simple rappel à destination de parents anxieux d’enfants autistes : votre enfant n’est pas mort ou porté disparu, il est autiste. Il aurait pu lui arriver des choses bien plus graves.

Serait-il possible que l’autisme vienne d’une prise de paracétamol pendant la grossesse ?

Les études scientifiques sur le sujet se contredisent. C’est principalement parce qu’on sait déjà qu’une longue période de fièvre de la mère est souvent la cause de malformations et/ou de troubles du développement neuronal chez le fœtus. Or, les femmes enceintes utilisent le paracétamol pour réduire la fièvre.

C’est pourquoi, lorsqu’une étude semble établir un lien de causalité entre troubles neuronaux chez l’enfant (et donc l’apparition d’enfants autistes) et prise de paracétamol pendant la grossesse chez la mère, elle ne peut jamais aller au bout du raisonnement. Les troubles chez le bébé viennent-ils de la fièvre, du paracétamol pris pour calmer la fièvre ou d’un autre facteur ? En l’état actuel de la recherche, impossible de le savoir.

La médecine considère donc ce raisonnement :

  • Un accès de forte fièvre sur une longue durée chez la mère augmente les risques de malformations et de troubles neuronaux chez le fœtus.
  • Personne n’a pu apporter la preuve que le paracétamol soit un danger pour les femmes enceintes.
  • Les autres antipyrétiques comme l’ibuprofène ou l’aspirine sont contre-indiqués pendant la grossesse.

Il vaut donc mieux avoir recours à du paracétamol à petite dose et sous le contrôle d’un professionnel de santé dès le début de la fièvre pour la faire baisser le plus vite possible. Laisser la fièvre augmenter en craignant de prendre du paracétamol fait donc courir plus de risques au fœtus.

Mais alors pourquoi les enfants sont-ils autistes ?

De manière tout à fait surprenante (ou pas), les scientifiques avaient la réponse avant les gesticulations de Robert Francis Kennedy Jr. prétendant vouloir « régler » l’« épidémie d’autisme » : Les causes des troubles du spectre autistique sont multifactorielles, avec une forte composante génétique. Cette cause génétique était soupçonnée depuis les années 1970-1980, cela a été confirmé en 2003 (Voir cet article du Cairn et cet article de l’Institut Pasteur)

Exemples de mutations chez les autistes :
– Gènes en charge des synapses (dans le cerveau).
– Gènes en charge de la production de mélatonine, ce qui explique les troubles du sommeil qui touchent beaucoup de personnes autistes.

Parfois, un seul gène muté explique tous les signes chez une personne autiste, parfois il faut en considérer plusieurs centaines ou milliers. Sans compter l’origine des mutations concernées : dans 10 à 20 % des cas, elle sont apparues de manière spontanée et n’ont aucun lien avec le patrimoine génétique familial. (une famille peut donc contenir une ou plusieurs personnes autistes, ce n’est pas forcément héréditaire)

Évidemment, au vu du nombre de combinaisons de mutations possibles, il n’a pas été possible de définir précisément ce qui cause chaque mutation, ou même si quelque chose les cause. Effectivement, l’ADN d’une cellule humaine mute 10 000 fois par jour, le trouble du spectre autistique d’un enfant peut donc être un hasard.

Et les produits chimiques ?

En ce qui concerne les substances absorbées pendant la grossesse, la seule dont on sait qu’elle provoque, entre autres problèmes, de l’autisme, c’est l’antiépileptique Dépakine. En ce qui concerne les perturbateurs endocriniens, on ne pourra jamais les éviter complètement (nous sommes aussi tous contaminés par les PFAS ou encore les micro-plastiques, etc.). De plus, ils peuvent provoquer des dégâts bien plus graves qu’un simple trouble du spectre autistique (problèmes hormonaux, de fertilité, etc.).

En résumé, les causes des troubles du spectre autistique sont multifactorielles et à forte composante génétique. Ces causes génétiques sont très hétérogènes (tout comme les symptômes de l’autisme). Les enfants autistes sont nés comme ça et les premiers signes du troubles apparaissent même souvent dans les premiers mois de la vie, bien qu’on ne puisse poser un diagnostic clair que plus tard.

Pour plus de détails sur les vaccins, je vous suggère la lecture de mon article sur les vaccins à ARN messager et plus généralement aux autres articles que j’ai écrit sur le sujet.

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