La boucherie de Boutcha. Il n’y a probablement pas d’autre terme approprié pour décrire le carnage. Mais bien évidemment, les russes ne sont pas d'accord...
À la fin du mois de février 2022, l’armée russe arrive à Boutcha, dans la banlieue de Kiev. La ville contenait 28 500 habitants avant qu’une partie de ceux-ci ne fuient l’avancée des russes. Au départ des envahisseurs, on y retrouvera des dizaines de cadavres d’hommes, parfois les mains liées dans le dos, indiquant de probables exécutions.
Évidemment, les russes ont nié et affirmé que les corps avaient été placés là après leur départ. Des images satellites prises pendant leur séjour mettront à mal leur version. Il y avait déjà des cadavres dans les rues avant qu’ils ne partent. De nombreuses ONG démontreront que les russes ont commis de nombreux crimes de guerre à Boutcha. Les survivants témoigneront en expliquant notamment que les russes tiraient au hasard dans les rues en entrant dans la ville.
Boutcha n’est pas la seule ville ukrainienne à avoir connu cette violence. L’armée russe a l’habitude d’instaurer la terreur partout où elle passe. La seule réaction du gouvernement russe est de se plaindre, comme d’habitude depuis 2014, de « russophobie » ou de « propagande occidentale ». Malheureusement, certains y croient… Pourtant, la Russie a de nombreux antécédents en désinformation elle-même. Ils ont retenu pas mal de leçons de l’époque soviétique. Et de l’époque hitlerienne aussi, ironiquement.
Les ukrainiens ont réussi plus tard à identifier certains responsables russes de Boutcha ou de Marioupol (dont j’ai parlé ici). On récoltera des preuves de tortures et on trouvera des fosses communes. Le massacre ressemblait aux méthodes de terreur employées en Tchétchénie. Les services de renseignements allemands dévoilèrent un enregistrement. Ils avaient intercepté un appel entre des soldats russes, indiquant qu’il s’agissait de leur mode d’action habituel.
Le bilan à leur départ, un mois plus tard, s’élèvera à un peu plus de 450 morts, en majorité des civils. Cela fait bien de leurs actes des crimes de guerre.
Cadavres de Boutcha, les mains liées dans le dos

