Vous avez forcément déjà entendu parler du célèbre, que dis-je… du mythique programme MK-Ultra. Et plus récemment, du programme "Monarch", probablement sur les réseaux sociaux. Mais où se cache la vérité là-dedans ?
Qu’est-ce que « MK-Ultra » ?
Avant de vous parler de Monarch, je dois passer par un peu de contexte historique sur MK-Ultra. Pendant la Guerre Froide, les USA ont eu (encore) peur que les soviétiques développent des techniques de manipulation mentale. Des rumeurs courraient sur la possibilité de contrôler l’esprit des gens lors d’interrogatoires. Cela venait de craintes de certains hauts placés et de probables mises en scène des soviétiques.
Bluebird, Artichoke et MK-Ultra
En 1949, le projet Bluebird débute avec des expérimentations impliquant entre autres produits du LSD. La CIA veut rechercher de nouvelles techniques d’interrogatoire. La CIA le renomme « Artichoke » en 1951. Le projet continue en intégrant d’autres drogues comme les amphétamines, des barbituriques ou encore l’hypnose. Elle l’annexe ensuite au projet MK-Ultra en 1953 et terminé quelques années plus tard. Certaines thèses ont été reprises par les chercheurs de MK-Ultra.
Le projet Artichoke comprendra ce que l’on peut qualifier aisément de « nombreuses divagations » des officiels de la CIA. Cela va de la création de soldats insensibles à la torture au développement de nouvelles techniques d’interrogatoires en passant par la « programmation » mentale pour pousser une personne à ôter une vie ou le lavage de cerveau. Et je pèse mes mots en parlant de « divagations ». Tout comme contrôler le climat est impossible, contrôler l’esprit humain est complètement illusoire.
Ce qui est réellement critiquable ici, ce sont les expériences sur des personnes non consentantes poussées à l’extrême. Plusieurs chercheurs et universités, ainsi que des hôpitaux psychiatriques, ont contribué à ce programme. Le véritable scandale est là. Des années d’expériences dans le dos des américains qui ont eu des conséquences graves sur les personnes impliquées.
Destruction des archives
En 1973, le projet s’arrête et le directeur de la CIA de l’époque détruit les archives concernées. Une partie sera cependant redécouverte plus tard (elles avaient été mal classifiées), menant à des auditions au Sénat en 1977. S’ensuivent des accusations en tous genres, des excuses du gouvernement américain… Bref, la CIA a encore fait n’importe quoi et les USA en paient les conséquences.
Sauf que…
L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais… la nature n’aime pas le vide – et les américains non plus. Il a donc bien fallu trouver ce qu’il se cachait derrière cette disparition de documents. Et si ces documents ont disparu, il pouvait y avoir n’importe quoi dedans (de toute façon on n’aura jamais la réponse…).
Qu’est-ce que « Monarch » ?
De nombreuses personnes prétendant être des « survivantes » du programme « MK-Monarch » apparaissent dans les années 80-90. D’après elles, il s’agissait d’un sous-programme (MK-Ultra comprenait plus de 100 sous-programmes) consacré à trouver des techniques de manipulation mentale. Le temps que la théorie se constitue (oui je spoile un peu, désolé), plusieurs sous-sous-programmes sont apparus :
- alpha : qui servirait à fabriquer des êtres obéissants
- beta : qui servirait à fabriquer des esclaves sexuels chargés de chantage ou de récupération d’informations
- delta : qui servirait à fabriquer des assassins froids qui oublieraient leurs actes
- theta : qui servirait à fabriquer des individus avec des pouvoirs psychiques (oui, vous avez bien lu)
- omega : qui servirait à pousser le sujet à se suicider si la programmation était découverte.
Tout cela dans le sous-programme « Monarch ». La CIA aurait choisi le nom pour symboliser la transformation d’un enfant traumatisé en agent opérationnel (comme une chenille en papillon).
J’avoue que c’est ici que mon scepticisme apparaît. D’ordinaire la CIA nomme ses projets et ses programmes avec plus de subtilité. Bluebird venait de l’expression « make them sing like a bluebird ». Un mélange de l’expression « make them sing » qui signifiait « faire avouer » et de « bluebird », un oiseau qui chante joyeusement. L’expression combinée signifiant « faire avouer quelqu’un avec joie, facilement ». La signification de Monarch me paraît donc un peu faible et peu originale pour un programme de la CIA. Sans compter les lettres grecques que je place plutôt dans la catégorie « cliché de SF ».
Bref, la CIA aurait mis la dose de symbolisme dans tous ses programmes… Mais pas pour Monarch ou seulement à moitié et pas du symbolisme américain. Pas crédible…
Faisons un passage sur les personnes qui ont créé cette théorie
D. Corydon Hammond, psychologue, et son discours sur Monarch
Soutient en 1992 que les nazis auraient, entre autres crimes, expérimenté les tortures psychologiques à Auschwitz. Seraient impliqués Joseph Mengele et un mystérieux Docteur Greenbaum. Ce serait collaborateur juif qui aurait été rapatrié aux USA après la défaite des nazis. Ces pratiques auraient été exportées aux États-Unis via l’Opération Paperclip (récupération de savants nazis par le gouvernement américain). Cela aurait donné lieu selon lui aux premières recherches de la CIA sur le sujet.
Sauf qu’il n’existe aucun document sur des expériences sur la mémoire, la manipulation mentale ou la dissociation. En réalité, Mengele a bien torturé des prisonniers dans les camps nazis. Une partie de ses découvertes a bien été récupérée par les américains après la guerre… Mais nulle part il n’est fait mention de recherches sur la manipulation mentale. Les recherches des nazis se concentraient sur les maladies, les amputations, les bactéries, les virus… Mengele n’était même pas psychiatre, ses recherches originelles, avant son adhésion au parti nazi, tournaient autour de la génétique. Et le mystérieux « Greenbaum » (opportunément un collabo juif et pas un médecin nazi, on sent qu’il y a une tentative de faire passer un certain type de message…) n’a jamais été retrouvé, ni en Allemagne, ni aux USA.
Cathy O’Brien
A publié un livre en 1995 avec son « sauveur » et futur mari Mark Phillips dans lequel elle affirme – entre autres divagations – être une survivante d’un trafic sexuel entre politiques manipulée par la CIA et le programme Monarch. Pour simplifier, je vais noter tout ce qu’elle a affirmé lors de sa conférence à la sortie de son livre, puis le réfuter directement :
– Elle aurait eu un TDI (Trouble Dissociatif de l’Identité). Cela lui aurait donné une super vision et une force surhumaine. Elle n’avait pas de notion du temps donc qu’elle était très endurante. Elle affirme également que le TDI lui a donné une mémoire photographique qui lui permettait de retranscrire précisément ses années d’abus.
→ Faux, faux et archi-faux. Le TDI n’a jamais donné de super vision, de force surhumaine, de super mémoire ou d’endurance. C’est même le contraire. La perte de notion du temps (seule chose à peu près vraie dans ces divagations) crée un stress physique et psychologique énorme. Cela se manifeste par l’apparition de nombreux troubles associés qui n’améliorent pas du tout la qualité de vie.
Des extraterrestres ?
– Elle affirme avoir croisé de faux extraterrestres, des humains déguisés pour commettre des abus en toute impunité.
→ Je n’ai pas à prouver que quelque chose n’existe pas. Prouvez-moi qu’un quelconque cas d’enlèvement par des extraterrestres n’est pas une invention, une hallucination, un rêve ou le résultat d’une prise de drogue ou d’un trouble mental et je me pencherai sur ce sujet.
– Elle décrit une vision du TDI qui ne correspond en rien à ce que les autres patients décrivent. Deux petites cases bien distinctes pour catégoriser les abus de son père et ceux de sa mère. Ajoutons au package de mystérieux « rituels sataniques » dont on n’aura aucun détail mais qui permettraient de la « recalibrer ».
→ En réalité, le TDI n’est pas une « compartimentation » de l’esprit. Et c’est loin d’être aussi précis que « une case pour mon père, une pour ma mère ». D’abord, il faut savoir qu’on ne sait pas exactement ce qui provoque le TDI. De nombreux enfants sont victimes d’abus sexuels et n’en développent pas. D’autres sont victimes des mêmes abus et développent ce trouble. On a une piste sur la privation de sommeil qui pourrait être un facteur de risque, mais rien d’autre. Donc l’idée de « provoquer » ou de « créer » soi-même ou chez quelqu’un un TDI n’a aucun sens. Si on ne sait pas comment il apparaît, on ne peut pas le faire apparaître.
« oui mais si on ne sait pas comment le faire apparaître c’est parce que l’éthique nous empêche de tester nos théories, des gens sans éthique ont pu le faire en cachette » Mais que sait-on réellement ?
Les « compartiments », « personnalités » ou « alters » sont en réalité des « états émotionnels ». On ne sait pas ce qui cause le TDI… Mais on connaît les mécanismes en jeu et on devine le fonctionnement du trouble.
Le TDI est créé par un problème d’intégration des souvenirs dans la mémoire. Les souvenirs sont bien là mais la personne a l’impression que ce ne sont pas les siens ou que ce sont des rêves. Exemple de structure mentale classique : Un état émotionnel ou + qui encaisse les situations négatives, un état émotionnel ou + d’auto-culpabilisation et un état émotionnel ou + pour vivre la vie quotidienne. Les alters ne dépendent pas des personnes impliquées mais plutôt de l’état émotionnel de la victime à un instant T. Certes, chez certains profils, l’apparition d’une personne liée à un état émotionnel précis peut faire paniquer. En cas de multiples agresseurs, le système ne se construit pas sur cette base mais bien sur les états émotionnels.
Explication du TDI/Stress Post-Traumatique Complexe
Le trouble fonctionne ainsi. Souvenir non intégré à la mémoire → impression de « rêver » ou d’être une autre personne quand il revient à la surface (parfois provoqué par des facteurs externes, des « triggers ») → affirmation que l’on est une autre personne → le trouble devient visible depuis l’extérieur car la personne semble changer de personnalité → on parle d’alter ou de possession démoniaque. Mais c’est en réalité toujours la même personne… qui est intimement persuadée d’être quelqu’un d’autre. En Occident, la culture des réseaux sociaux fera des alters avec une personnalité, des goûts et un nom. Dans une culture plus religieuse ou superstitieuse, on parlera de possession démoniaque et la personne cherchera à se faire exorciser. Le patient rationalise ce qu’il ressent en fonction de sa culture.
Toute cette explication est bien loin de la vision très artificielle que présente Cathy O’Brien. (Et elle n’est pas la seule… Je peux vous dire que les fausses « survivantes d’abus ayant fini avec un TDI » pullulent sur les réseaux…) Je ne me permettrais pas d’affirmer qu’elle n’a jamais été victime d’abus. Par contre je peux vous dire avec certitude qu’elle n’a jamais eu de Trouble Dissociatif de l’Identité. Et à partir de là, toute son histoire s’écroule.
On continue sur la conférence de O’Brien…
– Elle remet ensuite en question l’orientation sexuelle du couple Clinton, au pouvoir à cette époque. Et affirme qu’Hillary Clinton serait bisexuelle et lui aurait fait des avances, tout cela sous les rires gras de l’assistance.
→ Réduit à néant toute son intervention. On ressent clairement qu’elle évoque ce qui est à ses yeux une déviance. Fun fact : Bill Clinton est effectivement fortement mis en cause dans du trafic sexuel… dans l’affaire Epstein. Et à aucun moment Cathy O’Brien ne mentionne Epstein ou Maxwell dans sa conférence de presse de 1995. C’est la même chose pour les « survivantes de trafic sexuel » qui ont sorti leurs bouquins à cette période… Mystérieusement, aucune n’avait entendu parler d’Epstein… Qui pourtant officiait déjà dans les années 1990. (Et encore, ce ne sont que les abus officiellement recensés, au moment où il a acheté son île privée. Il avait probablement commencé sa petite affaire bien avant) Oups. Il leur aurait fallu une boule de cristal…
Kelly
– Sa fille, Kelly, aurait été programmée avec un « appareil à harmoniques » et il faudrait le même appareil pour la déprogrammer. Elle aurait fini en insuffisance respiratoire à l’hôpital en tentant cela… Parce que la CIA aurait même un programme permettant de tuer ses « soldats » à distance si besoin.
→ Que dire si ce n’est qu’on ne peut pas prouver qu’il est impossible de tuer quelqu’un à distance en intervenant dans son cerveau… De même, un « appareil à harmoniques » est une expression qui ne veut strictement rien dire. Une harmonique est un morceau de son… L’expression pourrait tout aussi bien qualifier un casque audio ou l’autoradio de votre voiture. Et sur une note un peu plus critique, on va dire que l’état de santé de la fille n’avait rien à voir avec la CIA… Ou avec la mère, et qu’elle était juste en colère parce que sa fille avait été placée sous la tutelle de l’État du Tennessee. Alors que la mère affirmait deux minutes plus tôt qu’elle était dans un hôpital en Alaska (où le trio se serait caché de la CIA). Bref.
Mark Phillips
Son mari, Mark Phillips, les a sauvées elle et sa fille. Il connaissait suffisamment le contrôle mental pour la déprogrammer en un an… Par le biais de l’écriture. Que tous les psychiatres arrêtent leur travail immédiatement, cette dame vient de prouver que votre doctorat est inutile. Elle prétend avoir « débloqué » ses compartiments en écrivant « ce qu’elle avait vu »… Et Phillips l’a guidée en seulement un an pour cela… Et l’a accompagnée à cette conférence (qu’il est fort celui-là… un vrai génie.). Elle parlait de lui en 1995 comme de son sauveur… En mettant en avant qu’il aimait beaucoup les animaux et que ça voulait dire qu’il était une bonne personne (ce sont ses mots, pas les miens). Elle a toujours la même révérence envers lui aujourd’hui sur son site internet malgré son décès en 2017.
Selon moi…
Je considère qu’elle est purement et simplement vulnérable et sous son emprise. Et je remets également en question sa santé mentale et sa relation avec sa fille… Dans son podcast, en 2025, elle parle d’un voyage « récent » dans lequel sa fille aurait ramassé des coquillages et « d’autres trésors » sur la plage.
Elle utilise « squealed » (un terme anglais pour « crier » qu’on utilise pour les enfants) et prétend que sa fille parlait de « nice man » (= « gentil monsieur »). Problème : sa fille était censée avoir 8 ans au moment de son « sauvetage » dans les années 90. En 2025, au moment où elle parle, c’est donc une quarantenaire… Donc soit la fille est mentalement handicapée (ce qui ne corrobore pas vraiment l’histoire de sa mère), soit elle ment sur sa belle relation mère-fille. La fille aurait-elle claqué la porte il y a déjà longtemps ? Peut-être. Ou peut-être qu’elle est décédée. Ou n’a jamais existé. Qui sait.
Fritz Springmeier & Brice Taylor
Le premier a publié deux livres en 1996 et en 2003 avec une femme sous pseudonyme qui affirmait être une survivante de Monarch et décrivait différentes pratiques… sans donner la moindre preuve. La seconde (sous pseudonyme) a publié un livre en 1999, relatant à peu près la même chose que O’Brien mais avec d’autres politiques. Je ne vais pas perdre mon temps à refaire tout un exposé, je pense que vous avez compris à quel genre d’hurluberlu on a affaire…
Vous avez à peu près là toute la littérature fondatrice de la théorie Monarch, même s’il y en a eu bien d’autres par la suite. On remarquera que le schéma « femme survivante qui écrit un livre avec son conjoint sauveur » se répète un certain nombre de fois… Tout comme le schéma « patiente qui écrit un livre avec son thérapeute… et se marie avec par la suite ». Des relations tout à fait saines… (non)
Conclusion amusante : Monarch chez les célébrités
Britney Spears
L’enfant-star par excellence. Dans les coulisses depuis toute petite, exploitée mineure, puis majeure, mise sous tutelle de force par sa propre famille… Elle a fui l’industrie. À la fin de sa carrière, elle a commencé à manifester de nombreux troubles (actes répétitifs, se raser la tête en public, insultes…).
L’entièreté de la sphère complotiste (oui, le mot est jeté) a repris ces symptômes comme étant des signes d’un « contrôle mental défectueux » et ont transformé ses problèmes de santé mentale en signes de complot sataniste. Sauf que tout est justifiable par la prise de médicaments, potentiellement à haute dose et très régulièrement. Elle était la poule aux œufs d’or de beaucoup de gens, il fallait bien l’empêcher de se rebeller et de dévoiler sa situation pour quitter l’industrie… Une camisole chimique en était le moyen parfait (tout en faisant un peu de publicité gratuitement sur les troubles mentaux de quelqu’un… si Britney faisait parler, elle faisait aussi acheter).
Katy Perry
Elle a eu une enfance très chrétienne, très sage. C’est la fille d’un pasteur. Totalement à l’opposé de ce qu’elle est devenue avec ses chansons les plus connues, qui ont fait scandale dans l’Amérique très puritaine des années 2010. (« I kissed a girl » : scandale dans les milieux chrétiens, « Dark horse » a été accusé de blasphèmes, « Bon appetit » où elle est littéralement servie comme un repas, sans compter les nombreuses références sexuelles de la chanson…). Elle avait une bonne équipe marketing au départ, mais suite à plusieurs scandales (agressions sexuelles, amitié avec des prédateurs avérés…) sa carrière a plongé. Ces dernières années, on n’entend plus vraiment parler d’elle, mais ça ne l’empêche pas de continuer à être au centre des théories complotistes du net (c’est pas moi qui le dit, c’est elle…).
Kanye West
L’un des plus grands rappeurs (si ce n’est le plus grand) qui ait jamais existé. C’est également un homme atteint d’un trouble bipolaire. Il s’est illustré pendant plusieurs semaines à la fin de l’année 2022 et en février 2025 avec des propos antisémites & faisant l’apologie du nazisme. Régulièrement, il « disparaît » des réseaux sociaux, vraisemblablement pour se rendre en hôpital psychiatrique. Un trouble bipolaire est dangereux pour sa vie : une crise maniaque peut le pousser à se mettre en danger et une crise dépressive à se faire du mal. Il se médicamenterait afin de stabiliser son humeur. Certains théoriciens (souvent familiers avec un certain bord politique) ont affirmé qu’il s’agissait en fait de « séances de recalibrage » pour mieux le « contrôler ».
Ma conclusion sera sans appel : Britney Spears et Kanye West sont tout simplement des cas d’école d’incompréhension totale des troubles mentaux. Tout le reste, les signes sataniques, les pentagrammes, les comportements étranges, ce n’est que du marketing. Surtout depuis que cette histoire de pacte avec le diable a pris de l’ampleur sur internet, les célébrités n’allaient pas se priver d’y faire volontairement quelques références de temps en temps pour faire parler d’elles. Même si c’est pas forcément en bien.
