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Chemtrails : Mythe ou réalité ?

Origines de la théorie des chemtrails

Les personnes croyant en l’existence des chemtrails vivent les yeux tournés vers le ciel. Elles sont inquiètes de voir de longues traînées blanches au-dessus de leurs têtes. Persuadées que ces traînées sont pleines de produits chimiques et de métaux lourds. Elles s’acharnent à discerner des signes au sol, dans leur vie quotidienne… On se contente souvent de répondre que ce sont en fait des traînées de condensation. Des traînées qui restent en suspension dans le ciel plus ou moins longtemps. Mais tout cela ne fait-il pas plutôt partie d’un gigantesque plan pour asservir l’humanité ?

Après tout, dans l’histoire, ce genre d’évènement a déjà eu lieu et on sait même faire tomber la pluie ! (enfin, sous certaines conditions…) On en a deux preuves pendant la guerre du Vietnam :

  • L’agent orange était un herbicide pulvérisé par avion qui a fait des ravages dans les rangs vietnamiens et américains.
  • L’opération Popeye avait pour but d’accentuer la mousson pendant les combats pour donner un avantage aux américains. Ils ont admis plus tard ne pas connaître les résultats de cette opération. La mousson étant déjà un phénomène très variable dans sa quantité et dans ses endroits touchés, on a du mal à déterminer l’impact des américains cette année-là.


Néanmoins, on admet généralement qu’elle n’avait pas eu un impact décisif sur les combats. Mais elle reposait sur un processus qui fera beaucoup polémique par la suite : l’ensemencement des nuages.

Confusion chemtrails & ensemencement des nuages/cloud seeding

Le cloud seeding est une pratique sujette à polémique. Elle est régulièrement brandie par les croyants des chemtrails pour appuyer la plausibilité de leurs théories. Mais les gens surestiment souvent son impact. Ils savent qu’elle repose sur l’injection de sel ou d’iodure d’argent dans les nuages par des avions, mais rien de plus. Or, elle repose en réalité sur plusieurs conditions :

  • Présence d’un nuage instable, prêt à générer une averse
  • Température idéale
  • Bon vent
  • Bon taux d’humidité

Elle pourrait augmenter la pluie de 10 à 20 % sur la zone sous le nuage pendant au maximum une heure. Mais cela ne fonctionne même pas à tous les coups. On est loin des résultats spectaculaires ou des catastrophes naturelles.

=> On ne peut qu’amplifier légèrement une averse qui allait déjà arriver pendant un court laps de temps, pas en créer une à partir de rien.

Le problème de l’observation des chemtrails aux jumelles

Pour apprécier réellement le fonctionnement du trafic aérien mondial, il faudrait plutôt le voir « de côté » que d’en bas, au sol. (je vous demande uniquement d’imaginer, pas de vous transformer en superman pour aller regarder vous-même.)

Tous les avions ne volent pas à la même altitude… et surtout, ils volent bien plus haut qu’on en a l’impression. Deux avions qui passent l’un après l’autre vous paraissent à la même altitude mais l’un fait du bruit et l’autre non ? Ça veut simplement dire que celui qui ne fait pas de bruit est plus haut. Le son ne vous parvient pas. Vos yeux ne peuvent pas voir une différence d’altitude de 1 ou 2 kilomètres d’en bas, vous avez simplement l’impression que les avions font la même taille et sont aussi hauts l’un que l’autre, mais c’est faux. Un avion est un engin énorme qui vole entre 9 et 12 kilomètres au-dessus de vous. Vos yeux ne sont pas adaptés pour décortiquer la perspective d’aussi loin.

De même, un avion peut tourner ou faire demi-tour. En fonction de sa taille, il lui faudra une zone plus ou moins grande, souvent entre 15 et 20 kilomètres, mais il peut. Et surtout, d’en bas, vous pouvez avoir l’impression que l’avion fait un virage parfaitement perpendiculaire parce que la perspective vous trompe. En réalité, il a fait un arc de cercle sur 20 kilomètres pour tourner dans un sens ou un autre. Vu d’une dizaine de kilomètres plus bas, ça ressemble à un virage perpendiculaire.

La chimie dans les chemtrails

Les traînées qui « se dispersent » ? J’ai une réponse toute simple : le vent. Les avions sont au même niveau que les nuages, voire au-dessus. Or, le vent pousse les nuages dans un sens ou dans l’autre. C’est la même chose pour la condensation des avions, mais plus rapidement. À cause de l’altitude, la vapeur d’eau se transforme directement en légers cristaux de glace dispersés au gré du vent. Évidemment, ils se désintègrent bien avant d’atteindre le sol avec le changement de température et de pression. Donc vous ne les verrez jamais ailleurs que dans le ciel.

Pourquoi certaines traînées disparaissent et pas d’autres ? Là, c’est plus complexe.

Ça peut dépendre de l’altitude des avions, du taux d’humidité à cette altitude (plus il sera bas, plus la traînée disparaîtra rapidement). Parfois, ça dépend même du modèle d’avion et du carburant utilisé (qui génère des taux de suie différents dans les rejets du moteurs et change donc la composition des petits morceaux de glace)… On n’utilise pas toujours « du kérosène », on y ajoute des produits pour éviter qu’il gèle, parfois de l’essence, on choisit le carburant en fonction de la température maximale qu’il peut supporter avant de s’enflammer (ce serait bête que le réservoir de l’avion explose…) ou on prend des biocarburants… Tout cela change légèrement la composition de la traînée et sa densité, donc elle se comporte différemment.

Ça peut également venir tout simplement de vous : vous êtes bien certain d’avoir vu les deux avions passer en même temps et des traînées qui ne sont pas restées autant de temps l’une que l’autre dans le ciel ? Ou l’un des deux avait un temps d’avance sur l’autre ?

Et les sites de radars d’avions ?

Vous pouvez observer les avions (et peut-être chasser les PAN) en utilisant ce genre de sites, mais encore faudrait-il le faire correctement. Et en ayant conscience que comme tous les outils, ils ont leurs limites. Ces sites ne sont pas des répertoires 100 % complets de tous les vols avec toutes leurs données ! Beaucoup dépendent de capteurs assez répandus mais pas sur tous les appareils. De vieux modèles n’en ont pas, en général les vols cargos non plus. De même, les pilotes peuvent modifier leur plan de vol sans le transmettre à ces sites. Et ces sites ne répertorient évidemment pas les vols militaires (un vol militaire ne fait pas nécessairement un vacarme des enfers, il vole souvent à la vitesse d’un avion normal, les pilotes n’ont aucun intérêt à passer le mur du son pour casser les oreilles de tout le monde en permanence).

Aussi, les plages horaires ne sont pas nécessairement toujours les mêmes. Un aéroport n’est pas constant, il peut y avoir des retards, des problèmes de turbulences, un appareil qui doit aller à l’entretien ou une grève par exemple (cocorico). Il y a également souvent plus de vols d’affaires en semaine que le week-end, parce qu’il faut bien emmener les gens qui travaillent à l’étranger.

Comment expliquer les « ratissages » au-dessus de certains endroits ?

Vous suivez un site de radar d’avions. Tous les types d’avions sont répertoriés, même ceux qui ne sont pas dédiés au transport de personnes ou de marchandises (parfois vous pouvez même suivre des véhicules au sol). Certains cartographient des zones précises : ils font ce que l’on appelle des « survey patterns ». Voir l’exemple ci-dessous et cette page de flightradar24 qui explique différents motifs que l’on peut voir sur leur site. Vous ne voyez pas des « ratissages » pour être certains que les chemtrails atteignent bien tout le monde… Simplement des avions dont vous ignorez l’existence.

Exemple de survey pattern souvent confondu avec une diffusion de chemtrails

Quelques anecdotes sur les chemtrails

  • Beaucoup pointent Monsanto du doigt pour avoir breveté des plantes « résistantes à l’aluminium ». Effectivement, l’entreprise (aussi peu recommandable soit-elle) l’a fait, sauf que c’était pour une très bonne raison. L’aluminium natif est présent naturellement en quantité variable dans les sols mais n’est pas assimilable par les plantes… sauf si son état est changé par l’acidité du sol. Dans ce cas, les plantes peuvent l’absorber et il risque d’empêcher l’absorption d’autres nutriments par la suite. C’est le cas dans les sols volcaniques acides. Ces plantes sont tout simplement faites pour pousser malgré la toxicité de l’aluminium dans des sols précis.
  • Les météorologues se trompent régulièrement sur la météo du lendemain, mais ont plutôt raison sur le long terme ? C’est littéralement le principe de la météorologie. Plus on observe les perturbations à court terme, moins l’observation est précise et plus on a de chance de se tromper. C’est pourquoi la météo « à l’heure » se trompe souvent.
  • Les carences en vitamine D augmentent dans la population : cela vient de notre mode de vie plus axé sur l’intérieur (donc on est moins en contact avec le soleil) et de notre alimentation de plus en plus dépourvue d’aliments contenant cette vitamine.

Terminons avec une touche d’humour. Certaines personnes rapportent que les plantes sont couvertes d’un liquide « argenté » chez elles le matin et que des « filaments blancs » apparaissent pendant la nuit. Personnellement, j’appellerais plutôt ces phénomènes « la rosée » et « les toiles d’araignées couvertes de gouttes d’eau de la rosée du matin, dans lesquelles se reflètent la lumière du soleil, ce qui leur donne un effet blanc ». Après, chacun ses opinions…

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