L’endroit le plus mystérieux de l’armée américaine, si mystérieux que le gouvernement américain a mis des décennies à admettre son existence. Alors, centre d’essais de technologies top secrètes ? Recherches qui défient les lois de la physique ? Présence d’extraterrestres ? Que cache réellement la Zone 51 ?
Création de la zone 51 & multiplication des PAN
Les signalements de Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés (PAN) se multiplient dans le Nevada entre 1950 et 1970. Mais pourquoi ?
À la fin des années 1950, la CIA recherche un endroit pour développer ses avions espions Lockheed U-2. Leurs agents remarquent Groom Lake, non loin d’un site dédié aux essais nucléaire dans le Nevada. Le terrain est gigantesque, environ 155 km². Il comportera plusieurs pistes d’atterrissage d’avions, différents bâtiments, et surtout une immense aire désertique.
Le gouvernement n’admettra son existence qu’en 2013, lors de la déclassification de documents de l’armée américaine la mentionnant. Barack Obama, président de l’époque, y fera également référence en public pour la première fois à cette période.
La base aurait connu le développement de plusieurs programmes secret défense du gouvernement américain. Le plus célèbre était celui des avions U-2, des avions espions utilisés des années 1950 aux années 1970. Des spécialistes de la rétro-ingénierie (discipline consistant à démonter un appareil pour analyser son fonctionnement) travaillaient également là-bas, notamment sur des appareils soviétiques pendant la Guerre Froide.
Quotidien dans la région des PAN
Environ 1000 personnes ne vivent pas sur la base. Elles s’y rendent chaque jour pour travailler comme n’importe quel employé. Elles ont leur propre ligne de bus qui les dépose directement dans la zone.
Les villes qui entourent la base profitent directement de la publicité liée aux extraterrestres et à la Zone 51… Ainsi qu’aux témoignages d’enlèvements par des être venus d’ailleurs ou aux signalements de PAN.
Une atmosphère particulière, secrète, probablement liée à la période de sa création entoure la base depuis sa création. Des panneaux indiquant que l’usage de la force létale est permis sont plantés à l’entrée. On oublie souvent d’indiquer que la base date des années 50… Quasiment au plus fort de la confrontation entre les deux grandes puissances mondiales.
Un changement de contexte qui justifie un changement de politique
À cette époque, la tension justifiait de faire usage de la force létale pour protéger une base dédiée à l’espionnage. Une base développant des avions destinés à espionner l’URSS et regorgeant de spécialistes capables de démonter tous leurs appareils aurait été une cible de choix pour les espions soviétiques. Il fallait également éviter la publication de photographies, même lointaines, des bâtiments et des appareils sur place. Les services soviétiques auraient pu en tirer trop d’informations. Beaucoup de gens considèrent aujourd’hui que les signalements de PAN liés à des théories sur les extraterrestres ne gênaient finalement pas tant l’armée. À l’époque, elle préférait certainement des articles de journaux parlant de PAN et d’enlèvements par des extraterrestres que des détails sur le type d’appareil aperçu.
Évidemment, cette tension n’est plus vraiment présente aujourd’hui. En démontre de la quasi non réaction de l’armée américaine en 2019. Un peu plus d’une centaine de personnes (parfois armées, nous sommes aux États-Unis, ne l’oubliez pas) s’étaient regroupées devant le premier point de contrôle de la zone. Une telle initiative en pleine Guerre Froide aurait abouti à des arrestations en masse et des recherches sur chaque manifestant. Mais pas en 2019. L’armée avait simplement publié un communiqué en amont de l’évènement (dont l’ampleur avait d’ailleurs été surestimée).
Rétro-ingénierie d’engins extraterrestres
Passons par un grand classique : les débris de l’incident de Roswell.
Au début du mois de juillet 1947, le propriétaire d’un ranch non loin de Roswell, au Nouveau-Mexique, découvre sur son terrain d’étrange débris étendus sur une zone de 80 mètres de large et d’un kilomètre de long. La date exacte de la découverte varie selon les sources. L’homme vérifiait ses terres suite à une tempête la nuit précédente quand il a remarqué ces débris inhabituels. Après les avoir montré à ses voisins, il décide de contacter les autorités.
Les autorités semblent perplexes. Au vu du peu de débris et des dégâts occasionnés, ça ne peut pas être un avion. L’armée fait un communiqué parlant de « soucoupe », pour publier un démenti peu après en parlant de « ballon météo ». L’armée ramasse les débris et la vie reprend son cours malgré l’évènement étrange. Les habitants oublient peu à peu l’incident. Évidemment, cela peut nous sembler lunaire… Comment pourrait-on oublier qu’un mystérieux appareil s’est abîmé sur son propre terrain ? En fait, les habitants de la région étaient habitués à ces cachotteries, aux appareils inconnus tombés du ciel… Ils habitaient non loin d’une base de l’armée qui opérait des lancements divers à l’époque. (Peut-être que si l’histoire se déroulait en Alaska, ils auraient vu des tirs lasers vers le ciel…)
Début de la légende
L’incident tombe donc dans l’oubli jusqu’aux années 1970. En 1978, l’un des militaires arrivés en premier sur les lieux de l’incident sort de l’anonymat. Il déclare que l’armée a trafiqué les débris pour les photographies de l’époque. Ce qu’il a vu n’aurait rien d’une technologie humaine. Quelques années plus tard, la théorie atteint une échelle mondiale lors de la publication d’un livre relayant le témoignage de ce militaire, ainsi que des affirmations sur des étudiants en archéologie qui auraient trouvé des traces de présence d’extraterrestres à cet endroit.
De nombreux témoignages attestant de la présence d’extraterrestres à Roswell, dont le nombre et la description varient, émergent alors dans le pays.
Résolution du PAN
En 1995, face à la polémique, le gouvernement ouvre une enquête. L’armée américaine conclura qu’il s’agissait en réalité d’un ballon-sonde du Projet Mogul. Celui-ci consistait à lancer des ballons-sondes structurés d’une manière particulière pour récupérer des données sur des signaux sonores sur les essais nucléaires soviétiques. Certains ballons lancés sur la période de l’incident de Roswell avaient effectivement été perdus. Certaines archives de la base entre 1945 et 1949 auraient été détruites, apparemment pour une autre raison que l’incident.
Un petit plaisantin…
À la même période, le producteur britannique Ray Santilli sort un film mettant en scène l’autopsie de ce qui semble être un extraterrestre en affirmant que le corps vient de Roswell. Finalement, les participants au film affirmèrent plus tard que tout était faux. Il l’admit en 2006. Il affirma avoir été inspiré par un autre film, qui lui, était vrai, mais qu’il l’avait perdu. (oups, quel dommage…) À noter que le film en question est régulièrement ressorti sur les réseaux sociaux, vous en avez donc peut-être déjà visionné un extrait sans le savoir. Voici le film complet, si vous voulez vous amuser un peu.

Aujourd’hui, de nombreux ufologues considèrent qu’il n’y a jamais eu d’extraterrestres à Roswell et que l’explication la plus plausible reste un énième programme secret de l’armée. Tellement secret que même les autorités du coin n’en avaient pas connaissance… Ce qui a mené les premiers communiqués à parler d’une technologie inconnue et les croyants à se précipiter sur un potentiel PAN. De plus, on pourrait également pointer l’inconstance des témoignages de présence d’extraterrestres. On n’a aucun nombre exact et aucune description concordante de leur apparence. S’il y avait réellement eu un équipage extraterrestre mort ou vivant à Roswell, on aurait au moins des témoignages concordants. Ce n’est pas le cas ici.
Existe-t-il réellement des preuves de l’existence d’extraterrestres dans la zone 51 ?
En 1989, un homme sortit de l’ombre et proclama avoir travaillé sur des technologies extraterrestres dans la zone 51. Il affirmait que la rétro-ingénierie de technologie extraterrestre était courante. Et que ses collègues le cachait (évidemment, autant se présenter comme un lanceur d’alerte tant qu’on y est). Il donnera des détails sur le fonctionnement de ces technologies. D’après l’ensemble des physiciens qui se sont penchés sur le sujet, ses affirmations violent toutes les lois de la physique.
Cet homme se nommait Robert Scott Lazar, surnommé Bob Lazar. Il prétendit détenir des diplômes du California Institute of Technology et du Massachusetts Institute of Technology, ce que ces établissement démentirent. Stanton Friedman, ufologue renommé, affirma dans une enquête sur lui que la seule matière scientifique qu’il ait étudié était la chimie et qu’il était dans les derniers de sa classe en terminale, ce qui rend ses revendications de diplômes peu crédibles.
Lazar prétendait avoir travaillé en tant que physicien au laboratoire de Los Alamos au Nouveau-Mexique, puis avoir été transféré en 1982 dans la zone 51. Il aurait alors travaillé sur un moteur de soucoupe volante dans une installation qu’il nomme « S-4 ». Sa hiérarchie l’aurait licencié en 1989. Sa présence a été vaguement confirmée à Los Alamos (il y aurait bien eu un Lazar là-bas) et appuyée par un autre homme, Robert Krangle.
Un comparse…
Ce dernier se présentait comme un prestataire externe du laboratoire et affirmait avoir croisé Lazar pendant des briefings de sécurité. Il n’aurait pas connu son métier mais assurait qu’il se promenait toujours avec « de nombreux feutres » et semblait savoir de quoi il parlait lorsqu’il parlait de physique. Krangle affirmerait également détenir 50 brevets pour ses inventions, mais étrangement, je n’en ai trouvé qu’un, pour un outil de mesure des distances pour jouer au golf.
Lazar affirmait être victime de persécutions judiciaires pour avoir parlé de ce qu’il avait vu. Krangle soutenait que ses collègues l’avait abandonné parce qu’ils le considéraient comme un traître. Je suppose que les persécutions et la paranoïa sont communes chez les lanceurs d’alerte…
En sachant que même un ufologue de renom n’a pas approuvé les thèses du duo, je penche pour une intox. Pour moi, les deux hommes se connaissaient depuis longtemps et ont décidé de monter leur histoire ensemble pour l’argent et la célébrité. Il est possible que l’un d’eux ou les deux aient réellement travaillé à Los Alamos, assez pour pouvoir donner des détails crédibles sur ce laboratoire, mais probablement pas avec un poste suffisamment haut pour être transférable dans une base aussi secrète que la zone 51.
Évidemment, je ne peux pas prouver ici qu’il n’y a pas d’extraterrestres dans la zone 51. Je ne peux pas non plus prouver qu’aucune forme de vie extraterrestre humanoïde existe dans l’univers. Ce qui est certain, c’est simplement que Roswell n’en est pas un exemple et que la mystérieuse zone 51 n’est pas si mystérieuse que ce que l’on voudrait nous faire croire. De là à se demander si toutes les théories ufologues n’auraient pas été amplifiées dans un but mercantile et/ou de désinformation, il n’y a qu’un pas. Je vous laisse vous faire votre propre avis.
